Ce que nous devons aux chercheurs

Arthur Zang. Un jeune chercheur qui trouve. Photo .Parismatch.com

Arthur Zang. Un jeune chercheur qui trouve. Photo .Parismatch.com

 

« Des chercheurs qui cherchent on en trouve. Des chercheurs qui trouvent, on en recherche ». Je ne me rappelle plus de l’année. Juste que c’était au lycée. Au premier cycle. Ces phrases étaient inscrites sur le mur au fond d’une salle de classe. A l’époque, j’avais bien rigolé. M’attardant sur l’esprit espiègle du petit scribouillard qui avait gravé cette sentence. Je le trouvais inspiré de jouer ainsi avec des mots. J’étais jeune alors et je pensais comme beaucoup que la recherche était un domaine vain.

Ah l’ignorance de la jeunesse !

 Il faut dire qu’autour de nous à Yaoundé les représentations dans le domaine de la recherche étaient rares. Lorsqu’on entendait parler s’était souvent au sujet des polémiques qu’elles suscitaient. Du coup on se demandait à quoi pouvait ressembler un chercheur, quelles genres de recherche effectuent-t-il. Pour nourrir nos fantasmes, on regardait des films de science-fiction en imaginant les chercheurs camerounais comme des petits vieux aux cheveux poivre et sel toujours plongés dans des interminables équations physique.

Des chercheurs qui trouvent

Des années plus tard, je suis tombée sur des articles de presse parlant de la découverte d’un vaccin contre le Sida ua Cameroun. En 2003 vérifier la date), feue le Pr Victor Anomah Ngu, déclara avoir mis au point un vaccin pour lutter contre cette pandémie : le vanihax18 personnes séropositives traitées avec ce vaccin étaient redevenues séronégatives. L’annonce fit grand bruit. Le traitement du Sida est un sujet sensible beaucoup n’y croyaient. Surtout que le Pr travaillait dans des conditions difficiles. Aujourd’hui encore il n’est pas clairement dit si le Vanihax était efficace. Un épisode très instructif comme mon passage aux journées de l’excellence technologique organisé par le ministère de la Recherche et de l’innovation technologique. Le monde de la recherche venait à moi ou plutôt j’allais vers le monde de la recherche. Les visiteurs pouvaient découvrir des inventions vraiment extraordinaire et ceci dans tous les domaines, l’agroalimentaire, la santé, les technologies, les cosmétiques, l’artisanat, etc. Du miel transformer en médicaments, en vin et en liqueurs. Des machines pour écraser les feuilles de manioc. Les visiteurs pouvaient déguster un breuvage original, le jus de manioc !

 Des cardiologues même au village

 La recherche est donc un domaine extraordinaire. Celui qui nous amène à la découverte de personnes au talent et au culot déroutant. Arthur Zang est un jeune informaticien camerounais de 28 ans. Il y a quelques années de cela, il a inventé le Cardiopad la première tablette tactile médicale africaine. Cet outil révolutionnaire va permettre aux médecins de pouvoir consulter les patients à distances. Dans un pays qui compte moins de 40 cardiologues pour 20 millions d’habitants, c’est une véritable avancée qui va permettre de sauver de nombreuses vies. Tout comme celle effectuée au Centre Pasteur du Cameroun.

Le 9 mars, cet institut a présenté les premiers résultats de ses 10 ans de recherche sur l’ulcère de Buruli. Cette infection chronique de la peau causée par une mycobactérie sévit principalement dans les zones tropicales. C’est une maladie négligée à l’origine de larges lésions sur la peau notamment sur les bars et les jambes. Ces plaies sont très difficiles à cicatriser et peuvent sérieusement handicaper le malade. La maladie est découverte au Cameroun en 1969 mais les causes exactes de sa transmission ne sont pas totalement connues. Malgré le temps qui passe les chercheurs n’ont pas abandonné leurs investigations. Un vrai soulagement pour les populations. Dans certaines régions du Cameroun comme le centre, les populations attribuent cette maladie aux sorciers et les victimes sont mises au ban de la société. Les chercheurs sont à leur manière des Zorro que nous ignorions. Grâce aux recherches effectuées par le Centre pasteur du Cameroun sous la coordination du Dr Sara Eyangoh avec le concours du l’institut Pasteur de Paris, de l’Ird, etc, on sait désormais que la moustiquaire permet de prévenir cette maladie handicapante.

 Pourquoi il faut investir dans la recherche

Au jour d’aujourd’hui, aucune nation ne peut prétendre développement si elle ne fait pas la promotion de la recherche. C’est un domaine absolument indispensable. Il est urgent que les pays africains reconnaissent la recherche comme un travail, un boulot en plein temps qui peut avoir un impact positif sur la croissance économique de nos pays. Les politiques doivent améliorer les conditions de travail des chercheurs en mettant à leur disposition des financements suffisant. Cela est d’autant plus urgent que deux tiers de la population mondial vit dans les pays-sous-développés. De plus, les recherches scientifiques et techniques effectuées en occident pour être utilisées dans nos pays ne sont pas très grandes comme l’explique le scientifique américain Eugène Stanley dans « La science au service du développement ». La recherche scientifique et technique contribue grandement au bien-être des populations surtout quand elle est par des personnes qui ont un sens poussé de leurs responsabilités.

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