Halte-là aux jeteurs de pierres

Des femmes manifestent pour leur droits. Photo : Figaro.fr

Des femmes manifestent pour le respect de leur droit. Crédit photo : Figaro.fr

 40 ans après la première conférence mondiale sur les femmes organisée à Mexico par l’Onu, on peut dire sans se tromper que des efforts considérables ont été réalisés pour faire avancer les droits et faciliter l’émancipation et l’autonomisation de la femme à travers le monde. Nous pouvons être graisseuses, maîtres-chiens, chauffeurs de taxi, chercheuses, mathématiciennes, astronautes. Mais malgré ces avancées notables, de lourdes chaines enfermement encore les femmes dans en prison. En Afrique, en Asie, aux Amériques et même en Europe, il existe toujours des coins, où objets sexuels, elles n’ont droit absolument à rien. Pour ces jeteurs de pierres, le viol est une des armes les plus utilisées.

Because I am a girl
« Lorsqu’elle se faisait violer, elle n’aurait pas dû se débattre. Elle aurait dû simplement rester silencieuse et permettre son viol.». Les mots résonnent dans ma tête comme la réplique horrible d’un film d’horreur. J’ai beau secouer ma tête des dizaines de fois, ils ont là accrochés à mon cerveau et me ramènent brutalement à une réalité que je croyais « naïvement » révolue. Ces propos choquant, extrêmement misogynes et d’une rare violence sont d’un indien appelé Mukesh Singh condamné à mort pour le viol en réunion d’une jeune étudiante de 23 ans dans un bus à Delhi parce qu’elle était restée dehors jusqu’à 21h avec son petit ami.
Par sa barbarie, cette affaire avait suscité l’indignation du monde entier et un soulèvement populaire sans précédent en ce qui concerne l’histoire sur les droits de la femme en Inde. C’était en décembre 2012. Deux ans se sont écoulés depuis sans pour autant que Mukesh Singh ne repente de son crime. Selon la réalisatrice anglaise Leslee Udwin, auteur d’un documentaire sur cette affaire « Les filles de l’inde » qui l’a rencontré dans le cadre de ce travail, l’homme n’éprouve aucun remords. « Une fille est davantage responsable d’un viol qu’un garçon », accuse-t-il dans un entretien rapporté par la BBC.
A aucun moment, il n’a interpréter son geste comme un crime, une atteinte à l’intégrité physique d’un être humain. Non ! L’homme a plutôt fait appel à sa condamnation. Dans sa logique, violer une femme, un être humain au point de la laisser pour morte tout simplement parce qu’elle n’avait pas le droit de trainer dehors jusqu’à 21h est tout à fait normal. Il n’a rien à se reprocher. Ce n’était qu’une femme après tout!

Les racines du mal
Souvent pour explique l’ampleur de la corruption au Cameroun, les spécialistes utilise le mot « racine ». Ce mot est très révélateur et d’une puissance évocatrice. De même que les racines de la corruption sont solidement implantées dans la société camerounaise, certaines sociétés à travers le monde restent matriarcales. Le temps qui passe, la mondialisation, les révolutions qui éclatent ici et là ne semble n’avoir rien changé. Dans ces sociétés, la femme vaut moins qu’un chien à qui de temps en temps on offre des caresses en demandant « alors comment tu vas aujourd’hui mon bon boby ? ».

Mukesh Singh n’est pourtant pas un criminel, ni un psychopathe. Le jeune indien est un « normal » mais parce que depuis toujours dans son entourage, dans l’Inde d’hier et d’aujourd’hui, dans plusieurs pays d’Afrique, d’Asie, la femme n’a jamais pesé plus que trois kilos de café, il croit avoir le droit de décider de la vie te de la mort d’une femme. Cette vision est culturel, profondément enracinée pas seulement dans le tiers monde mais également en Europe où les femmes font face au machisme.
40 ans après la conférence de Mexico et 20 après celle de Beijing, le combat est donc loin d’être terminé. Il s’avère âpre et long, très long. C’est pourquoi le travail des Ong et de toutes les institutions travaillant en faveur du bien-être de la femme doivent continuer. Nous devons aussi continuer à nous indigner pour ne pas tomber dans un piège dangereux : la banalisation de ces faits.