Ma vielle Mercedes est plus grosse que la tienne

xtaxi_casse101115700-jpg-pagespeed-ic-k9ug3vguvbOu comment certains jonglent avec les visites techniques et la prévention routière au Cameroun.

Le 26 septembre, la mesure exigeant aux automobilistes, notamment aux chauffeurs taxi de Yaoundé, de revoir l’état physique et technique de leurs véhicules est entrée en vigueur. Cette décision intervient dans un contexte particulier avec l’organisation de la CAN féminine 2016. Depuis lors, c’est à un jeu de chat et de la souris que se livrent les taximen et les forces de l’ordre.

 

Credit photo: abenchalors!

Credit photo: abenchalors!

Comme toujours, les premiers n’en font qu’à leur tête, les autres trop heureux de les pourchasser non pas pour vérifier si effectivement les chauffeurs ont respecté les consignes, mais pour gratter quelques billets de CFA. Et alors ? Dites-vous, quel est le rapport avec les accidents de la route ?

En réalité, cette mesure interdisant la circulation des vieux taxis illustre bien le quiproquo camerounais. C’est un secret de polichinelle, 80% des voitures en circulations sur nos routes sont ce que nos frères ivoiriens appellent les « France au revoir ». De très vielles bagnoles simplement bonnes pour la casse fumant comme, sinon autant que des locomotives. Avec un mauvais système de freinage, sans éclairage ou signalisation, etc.

Et ne leur parlez surtout pas de visite technique hein ! C’est une perte de temps et qui dit temps dit argent. Alors même que l’arrêté du 23 février 1998 portant réglementation de la visite technique des véhicules au Cameroun. L’arrêté précise bien la périodicité, la procédure, le type de véhicules et les indications que doivent porter les certificats de visites techniques.

 Il est par exemple indiqué que « Les forces de la police ou de la gendarmerie nationale peuvent le cas échéant ordonner des visites techniques lorsqu’ils constatent que la voiture émet des fumées ou des gaz opaques, des bruits susceptibles de gêner les usagers, etc.

 Pourtant, je ne compte pas le nombre de fois où j’ai failli être renversé parce que je n’avais pas vu venir un taxi ou une voiture « personnelle » sans phares.

Et quand mon voisin Pa’a Raymond démarre son taxi chaque matin pour laisser les enfants du voisinage à l’école, je ne vous dis pas le genre de bruit que sa bagnole émet. Kriiiiiiiiiiiiiiiiiiisssssssssss jusqu’à, les sourds (comme moi) peuvent entendre !

C’est le contrôle routier que tu veux voir ?

Tous ceux qui ont l’habitude de voyager par car le savent. La prévention routière est un juteux business. Une belle affaire que la gendarmerie ont « arraché » de force aux agents des ministères des Transports. Des enquêtes de journalistes ont révélé que les nombreuses barrières et postes de contrôles érigées çà et là sur nos grands axes routiers ne jouent pas forcément un rôle de prévention. Il s’agit en fait d’un moyen pour certains gendarmes souvent sans rémunération de se faire un peu de sous en attendant la « tombée » d’éventuels salaires.

Tous les automobilistes et depuis peu les moto-taximen aussi le savent, lorsqu’ils traversent certaines barrières. «Il n’y a pas trente-six solutions. « Soit tu payes pour ci1rculer librement soit tu passes toute la journée sur place avec ta voiture et tes passagers », nous as confié un automobiliste. Vous avez dit prévention routière !

« Ce billet est ma contribution dans le cadre de la campagne #StopAuxAccidentsRoutiers » Retrouvez le prochain billet de la campagne rédigé par Didier Ndengue  dans son blog http://ndengue.mondoblog.org/

Pour suivre la compagne, vous pouvez suivre le hashtag #StopAuxAccidentsRoutiers sur les réseaux sociaux.

Retrouvez également les articles publiés les jours précédents :

Cameroun : comment on obtient le permis de conduire ? (Ecclésiaste Deudjui)

Stop aux accidents routiers – Le jour où tout a basculé ! (Carole Leuwé)

Accident de la circulation : A cause de la route, « tu nous manquerons » (Thierry DidierKuicheu)

Et si ces routes avaient existé ? (Wiliam Tchango)

C’est elle la tueuse ! (Frank William Batchou)

Circulation : Ces pollueurs qui menacent nos vies (Mathias Mouendé Ngamo)

#StopAuxAccidentsRoutiers, Douala à l’ère du numérique (Danielle Ibohn)

La route tue, et nous aussi… (Fotso Fonkam)

Nos routes, ces caisses à sous mal entretenues (Armelle Sitchoma)

Ce que font les automobilistes Camerounais quand ils sont au volant ( Yves Tchakounte)

Le Smartphone, une cause d’insécurité routière au Cameroun (  Fabrice Nouanga)

 

 

 

J’ai rêvé de la cité de Cocody

Abidjan by night. Wikipédia

Abidjan by night. Wikipédia

 

 

J’ai rêvé de la cité de Cocody
J’ai rêvé de la Côte d’Ivoire
De « M’bidjan »

J’ai rêvé de la douceur de tes réverbères
Sur ma curiosité d’enfant du Cameroun
J’imaginais tes belles rues tracées comme pour m’accueillir
Peuplées de « woros woros », de « gbakas »
Le chaud accueil de ton peuple vêtu du pagne aux mille couleurs
J’imaginais tes ruelles sombres où pour seule lumière filtrait la voix rocailleuse d’Alpha Blondy
J’ai rêvé de la cité des Cocody,
Que de fois j’ai rêvé de toi Co, cocody rasta

Mes pieds harassés par la marche, mille fois ont foulé le doux sable de la plage de Sassandras
Que de fois j’ai emprunté « les gbakas » pour aller voir les fanicos à Yopougon
Ah ! Comme c’était beau le patchwork formé par tous ces habits !

J’ai marché, marché, marché au hasard de mes rêves
Yop city, Manhattan des tropiques, les Cocody, La rue Princesse
Abidjan, Yamoussokro, Bassam, San Pedro

Ivre de faim et de fatigue j’ai échoué dans un « Maquis »
Comme un poisson mort rejeté sur la grève par des vagues furieuses
Imitant l’accent d’une tribu de là-bas j’ai dit :
« Maman Diaby sert moi l’alloco ! »

On m’avait tant parlé de toi,
De la grandeur de tes présidents
De la beauté du pays de l’éléphant de la richesse de ton sol
On m’avait dit tout bas à l’oreille :
« Les tribus de ce peuple forment un arc-en-ciel »

Ô Pays de l’Eléphant !

N’oublions pas les lycéennes de Chibok.

 

Des mères éplorées. Crédit photo : Afp

Des mères éplorées. Crédit photo : Afp

Dans quelques jours, le 11 février particulièrement, des milliers de jeunes Camerounais défileront à travers le pays pour célébrer avec ferveur la 50éme édition de la fête nationale de jeunesse. Une célébration qui s’annonce grandiose pour marquer le sceau des 50 ans d’existence de cette commémoration. Une fête dont le faste cachera mal, les difficultés d’une jeunesse en perte de repères, minée par un chômage endémique, obligée de se coltiner des petits boulots pour survivre dans un environnement où la corruption s’est érigée en mode de fonctionnement. J’aurais pu écrire sur tous ces problèmes mais d’autres l’ont fait avec l’analyse, le ton, l’indignation qu’il faut. En ce début du mois de février, mes pensées sont pour les lycéennes enlevées un sombre jour d’avril par la funeste secte Boko Haram.

Un avenir sacrifié

Dans une société patriarcale qui reconnaît à la femme  le seul rôle d’épouse et de mère, elles s’étaient battues bec et ongles pour accéder à l’instruction.  Unique moyen pour elles de se construire dans la dignité, un avenir radieux. Installées dans des villages au fin fond du Nigeria dans des bleds où le développement semble s’être arrêté il y a 50 ans,  elles devaient braver chaque jour  des centaines de kilomètres pour aller à l’école. Élevées par des parents pauvres parmi les pauvres,  elles étaient l’espoir de toute une famille, de tout un village. En avril prochain, cela fera malheureusement deux ans que ces adolescentes ont été enlevées. Deux ans que les parents ont perdu le fil qui les rattachait à la vie. Que sont-elles devenues ? La question est douloureuse. Très douloureuse. La barbarie du groupe Boko Haram est connue de tous. Plus de 20 000 personnes ont déjà périt sous le bombes du groupe armé. .

 Une mobilisation internationale et puis plus rien

Pourtant quelques temps après leur horrible kidnapping, une grande manifestation abondamment médiatisée avait mobilisé de milliers de personnes à travers le pays. La mobilisation fut totale comme seuls internet et les médias sociaux le permettent aujourd’hui. De la première dame des États-Unis Michelle Obama au citoyen lambda tout le monde criait « Bring back our girls !». La ferveur médiatique est depuis retombée et les filles restent introuvables. Rien ne semble bouger ou si peu. En ce mois de février dédié à la jeunesse, c’est le cœur lourd que je pense à tous ces jeunes de Gaza, de Syrie, de Bolivie, du Rwanda, du Congo du Nigeria, du Cameroun, du Tchad, de Côte d’Ivoire, etc, sacrifiés sous l’autel de désirs égoïstes. Un adage dit «  l’oubli est le vraie linceul des morts », il peut aussi, si nous ne prenons garde, être celui des vivants. N’oublions pas les lycéennes de Chibok!

 

 

Douala, un scandale écologique sur les berges du Wouri

Un père sauve sa fille de la noyade. Crédit Photo. Paul Mahel

Un père sauve sa fille de la noyade. Crédit Photo. Paul Mahel

Il a fallu les inondations spectaculaires du 20 juin dernier dans le département du Wouri pour que la situation écologique de la ville soit enfin prise en compte.  Douala sera débarrassée de toutes les habitations construites sur les drains et qui empêchent l’eau de circuler normalement.  Dans quelques années donc, Douala affichera sans doute un autre visage. En attendant, le poumon économique de l’Afrique central est un scandale écologique.

Douala la rebelle, Douala la frondeuse, Douala la mondaine. Tant de mythes entourent cette ville portuaire, chef-lieu de la région du littoral. Cette métropole, la plus peuplée du Cameroun avec une population estimée à 2 446 945 habitants en 2011 est aussi une ville chargée d’histoire. Impossible de parler du Cameroun sans citer ce bout de pays. Dès l’école primaire, les livres d’histoire apprennent aux petits Camerounais que les premiers navigateurs occidentaux (Hollandais, Portugais, Espagnols) entrèrent au Cameroun par la côte. Les Douala (ce vocable désigne les autochtones. On parle des cantons ou villages Bonapriso, Deido, Akwa, Bonabéri, etc.), sont donc les premiers habitants à être en contact avec les hommes aux pieds de poule (La saison de l’Ombre, Leonora Miano). Les rois Douala comme Douala Manga Bell furent les principaux interlocuteurs des colons. Douala fut d’ailleurs choisie par les Allemands comme la première capitale du pays. Certains textes indiquent que le plan actuel de la ville est en partie hérité de la colonisation.

A côté de ce glorieux passé, Douala fut sur le plan politique, le théâtre d’événements majeurs dans les années 1990.  « Les villes mortes » ou la crise politique qui l’ont secouée, y prend ses racines alors que le vent de la démocratise soufflait sur l’Afrique après la chute du  » mur de Berlin « .

Aujourd’hui, par son dynamisme, sa position géographique stratégique, la ville de Douala s’est imposée comme « le poumon économique de l’Afrique centrale ». Elle est la porte d’entrée de nombreux étrangers africains qui veulent s’établir au Cameroun.  C’est dans cette ville que le tissu industriel camerounais est le plus solidement implanté. La plupart des investisseurs camerounais et étrangers choisissent le littoral camerounais. De ce fait, elle attire de nombreux jeunes campagnards en quête de travail. Mais depuis plusieurs années, on assiste aussi à un exode « urbain » des jeunes qui partent de Yaoundé travailler à Douala. Conséquence, la population de la métropole croit chaque année. Il s’en suit une pression démographique qui met l’écosystème terrestre en danger. Les  populations en quête de logement se sont installées un peu partout au mépris des règles de l’urbanisation et du respect de l’environnement. Des habitations ont été construites sur des drains, dans les marécages.  Si bien que le retour des pluies est toujours vécu avec angoisse par les populations installées dans ces bidonvilles. A plusieurs reprises, des inondations ont été signalées dans les quartiers populaires de Douala sans pour autant que les autorités réagissent .

Il a fallu les inondations du 20 juin dernier pour que les autorités décident enfin de prendre ce problème écologique à bras le corps. Jamais la ville n’avait été confrontée à un désastre de cette ampleur. Les eaux sont montées à un niveau insoupçonné engloutissant tout sur leur passage (maisons, voitures, personnes).  Pour se déplacer à Maképé, Missoké, il fallait ramer dans un bateau ou une pirogue. Les images ont fait le tour du Cameroun laissant abasourdis ceux qui pensaient que « cela n’arrive qu’aux autres ».

Deux jours après le retour à la normale, les populations ont été sommées de quitter, en 48 h, les maisons qu’elles habitaient pour certains, depuis trente ans !  Mais l’occupation anarchique des drains, les inondations ne sont pas les seuls problèmes écologiques à menacer Douala. Depuis plusieurs années, on assiste à une destruction inquiétante de la mangrove (lien). Les produits de la mangrove sont surexploités par les populations pour des activités comme le fumage du poisson, la vente du bois de chauffe, etc.

Jusqu’à présent, rares sont les actions mises en place pour protéger cette richesse. Faudra-t-il qu’un nouveau scandale écologique éclate pour prendre des mesures salutaires ?

 

Protection de la nature, l’Afrique est-elle mal partie ?

 La corruption, le difficile accès des populations à l’information, le désintérêt des politiques et de certaines personnes qui voient à la lutte pour la protection de la nature un slogan creux sont des handicaps sévères pour une révolution verte sur le continent noir.

Crédit photo: Nicky Aina

Crédit photo: Nicky Aina

Dans le monde d’aujourd’hui, aucun combat, aucune lutte, aucune révolution ne peut être remporté sans une prise de conscience forte et une implication profonde des populations. Au Cameroun, on n’assiste pas encore à un mouvement écologique d’ampleur. Les actions de sensibilisation, l’urgence de protéger la terre sont pour la plupart selon mon observation, le fait de quelques associations et Ong. Certaines travaillent avec l’appui technique ou financier d’Institutions comme l’UE, le WWF mais leurs actions sur le terrain restent limitées faute de moyens. Conséquence, lorsqu’on sort de Yaoundé la capitale et de Douala la deuxième ville du pays, on se rend compte que l’information ne circule pas pleinement. Les populations manquent cruellement d’éléments sur les dangers qui menacent la terre, sur le rôle qu’elles peuvent jouer pour atténuer les effets du changement climatique.

 J’ai eu une conversation édifiante à ce sujet avec une cultivatrice possédant des champs de manioc et d’arachide à Mbamalyo à une cinquantaine kilomètres de Yaoundé. Depuis des lustre, cette femme et fille de cultivateur utilise la technique de culture sur brulis. Or, les environnementalistes sont unanimes pour dire que cette technique est à l’origine de la régression de la forêt. Il a fallu un fait divers pour que la cultivatrice qui ignorait tous ces corollaires, reconsidère sa manière de travailler. « Des jeunes avaient été commissionnés pour faire un feu de brousse dans un champs. Mais ils ont mal exécuté la consigne et le feu s’est propagé partout, brulant tout sur son passage, les plantes médicinales comme les arbres. Les dégâts étaient énormes. Mes enfants m’ont demandés s’il n’y avait pas pour nous, une autre façon de travailler. C’est comme ça que la famille s’est lancée dans des recherches pour découvrir que l’agriculture sur brûlis n’est pas une bonne technique de culture ».  La quête de l’information a donc « sauvé » cette famille qui se retrouve sans l’avoir véritablement voulue acteur d’un combat âpre et long. Cependant, il y a une catégorie de paysans qui ne peut aller à la recherche de l’information. Souvent illettrés, vivant dans des zones très enclavées ceux-là ont besoin que l’information aille vers eux.

Science sans conscience

En 2014, le gouvernement camerounais interdit « sur l’étendue du territoire national, la fabrication, la détention, la commercialisation ou la distribution à titre gratuit les emballages plastique non-biodégradables à basse densité, ainsi que les granulés servant à leur fabrication ». Sur le papier, les consignes du ministre de l’Environnement sont claires mais sur le terrain l’application de cette interdiction se heurte à plusieurs difficultés. Pas ou peu préparé à investir dans la fabrication assez couteuse des plastiques biodégradables, les entreprises de plasturgies mettront un temps avant de pouvoir ravitailler le marché national. Mal informés, incapable de faire la différence entre un plastique « bio » et les autres, certaines personnes vont se faire rouler par des commerçants véreux. Conséquences immédiates : un an après l’entrée en vigueur de cette interdiction non seulement les plastiques non-biodégradables n’ont pas disparu mais en plus les clients doivent maintenant payer l’emballage dans les boutiques, les supermarchés et autres lieux de commerces. « Un fiasco » qui aurait pu être évité ou tout au moins atténué si une campagne de sensibilisation forte avait été au préalable menée pour expliquer aux populations, les bien-fondés d’une action louable et amplement justifiée.

Corruption

 Le combat pour la protection de la nature se heurte aussi à problème tout aussi crucial. Il s’agit notamment du déficit de moyens humains et financiers. Certains parcs et aires protégées du Cameroun souffrent d’un manque  d’éco-gardes. Et lorsque il y en a, ceux-ci travaillent dans des conditions précaires sans matériels. Une situation qui accentue leur vulnérabilité d’autant plus que les braconniers sont de mieux en mieux organisés et opèrent avec un matériel ultrasophistiqué. Ils n’hésitent plus à tuer. Des éco-gardes ont helàs trouvé la mort dans l’exercice de leurs fonctions. Souvenez-vous du massacre d’éléphants perpétrés en fin 2011 dans le parc de Bouba-Djida dans la région du Nord où plus de 200 éléphants ont été massacrés par des braconniers venus du Soudan.

 La corruption est un poison. Une véritable gangrène qui touche hélas, dans mon cher et beau pays, tous les secteurs de la vie. La lutte contre le braconnage n’échappe pas à cette triste réalité. Comme je l’ai soulignée plus haut le braconnage est une activité criminelle bien organisée. Les braconniers bénéficient souvent de soutien dans les milieux les plus insoupçonnés. Récemment à Mouloundou dans la région de l’Est, un de ces hors-la-loi a été arrêté par la police sous l’action des agents du ministère des Forêts et de la faune(Minfof) en possession de 104 pointes d’ivoire, une arme de guerre et 1000 munitions. Curieusement, moins de 48h après s arrestation publique, le braconnier a été aperçu dans la ville faisant tranquillement des emplettes, rapporte le quotidien Le Jour. Les policiers ont indiqué à la presse l’avoir libéré « sur ordre du sous-préfet » de la localité. Les pointes et les armes saisies auraient aussi disparu sans laisser des traces. Ce fait-divers n’est malheureusement pas un cas isolé. Les associations de lutte pour la protection de la nature dénoncent très souvent les complicités de certaines autorités dans ce trafic. Contre des espèces sonnantes et trébuchantes, la vie des générations futures est ainsi sacrifiée !

 Politiquement vert

Pour certains observateurs, les balbutiements de la lutte pour la préservation de notre écosystème terrestre est la résultante du désintérêt des politiques pour la cause environnementale. « On préfère construire des routes qu’investir un peu dans la préservation de l’environnement. Mais cela fait plus de 50 ans que nous nous battons pour des problèmes élémentaires comme la santé, l’éducation. Il est bon de penser aussi à relever des défis comme la préservation de l’environnement », me demandait l’autre jour une amie verte de colère et d’engagement. Au Cameroun, selon nos informations, il existe un seul parti politique des verts, le Mouvement des écologistes camerounais. J’ignore quand ce parti a été créé mais il a participé à la dernière élection présidentielle en 2011 et depuis plus rien. Toute les informations disponibles sur le net datent de 2011 et parlent uniquement du scrutin présidentiel 2011.  Difficile donc de savoir quelles sont les cations des Mec en faveur de la nature. Et pourtant les politiciens ont un rôle fondamental à jouer dans ce combat planétaire. Le Cameroun comme la plupart des pays africains vit de ses ressources naturelles. Nous exportons le bois, le pétrole, le fer, etc. Qu’adviendra-t-il de nous et des générations à venir quand tous ces biens de la nature seront épuisés

 

 

A toi LucO premier artiste autiste au Cameroun

 

Une affiche de sensibilisation sur l'autisme. Crédit Photo:SoleilpartageCameroun

Une affiche de sensibilisation sur l’autisme. Crédit Photo : SoleilpartageCameroun

LucO ton nom résonne comme une douce mélodie.
Un chant d’espoir et de renaissance
A  toi que je ne te connais pas, non pas encore
Je ne sais pas si nous aurons un jour l’opportunité de nous serrer la main.
Je sais juste que tu es un ado
A qui la vie n’a pas fait de cadeau
Un bel ado
Au teint clair, à la silhouette mince et élancée
Un peintre au pinceau magique
Libérateur d’un monde enchanteur
Je n’ai pas pu résister à ce festin de couleur auquel tu as convié le public
Une valse pas du tout mélancolique qui aurait inspiré à Baudelaire célèbre poète français, « Les fleurs du bien »
Car dans chaque coup de pinceau bleu
Dans chaque trait jaune
Dans chaque dessin rouge
J ai entendu un appel fort, celui de la vie !
Tu sais je suis un peu comme toi, voilà des années que je me bats pour ne pas sombrer dans le silence auquel mes problèmes d’auditions voudraient me condamner.
Ce n’est jamais facile de se battre contre une maladie incurable, contre un ennemi invisible. Il faut souvent puiser loin, la force de lutter
Parfois aussi accepter que le regard des autres ne sera jamais celui qu’on souhaite
Toi LucO, avec le puissant amour de ta maman, héroïne des temps modernes, tu réussis chaque jour un peu plus à remporter des victoires contre l’autisme
Ce trouble envahissant du comportement qui voulait t’empêcher de découvrir le monde.
Non seulement tu l’as découvert, mais tu nous permets aussi de découvrir ton monde à toi à travers tes toiles
Vas-y LucO ! Enchante-nous à coups de pinceau magique !

Ce que nous devons aux chercheurs

Arthur Zang. Un jeune chercheur qui trouve. Photo .Parismatch.com

Arthur Zang. Un jeune chercheur qui trouve. Photo .Parismatch.com

 

« Des chercheurs qui cherchent on en trouve. Des chercheurs qui trouvent, on en recherche ». Je ne me rappelle plus de l’année. Juste que c’était au lycée. Au premier cycle. Ces phrases étaient inscrites sur le mur au fond d’une salle de classe. A l’époque, j’avais bien rigolé. M’attardant sur l’esprit espiègle du petit scribouillard qui avait gravé cette sentence. Je le trouvais inspiré de jouer ainsi avec des mots. J’étais jeune alors et je pensais comme beaucoup que la recherche était un domaine vain.

Ah l’ignorance de la jeunesse !

 Il faut dire qu’autour de nous à Yaoundé les représentations dans le domaine de la recherche étaient rares. Lorsqu’on entendait parler s’était souvent au sujet des polémiques qu’elles suscitaient. Du coup on se demandait à quoi pouvait ressembler un chercheur, quelles genres de recherche effectuent-t-il. Pour nourrir nos fantasmes, on regardait des films de science-fiction en imaginant les chercheurs camerounais comme des petits vieux aux cheveux poivre et sel toujours plongés dans des interminables équations physique.

Des chercheurs qui trouvent

Des années plus tard, je suis tombée sur des articles de presse parlant de la découverte d’un vaccin contre le Sida ua Cameroun. En 2003 vérifier la date), feue le Pr Victor Anomah Ngu, déclara avoir mis au point un vaccin pour lutter contre cette pandémie : le vanihax18 personnes séropositives traitées avec ce vaccin étaient redevenues séronégatives. L’annonce fit grand bruit. Le traitement du Sida est un sujet sensible beaucoup n’y croyaient. Surtout que le Pr travaillait dans des conditions difficiles. Aujourd’hui encore il n’est pas clairement dit si le Vanihax était efficace. Un épisode très instructif comme mon passage aux journées de l’excellence technologique organisé par le ministère de la Recherche et de l’innovation technologique. Le monde de la recherche venait à moi ou plutôt j’allais vers le monde de la recherche. Les visiteurs pouvaient découvrir des inventions vraiment extraordinaire et ceci dans tous les domaines, l’agroalimentaire, la santé, les technologies, les cosmétiques, l’artisanat, etc. Du miel transformer en médicaments, en vin et en liqueurs. Des machines pour écraser les feuilles de manioc. Les visiteurs pouvaient déguster un breuvage original, le jus de manioc !

 Des cardiologues même au village

 La recherche est donc un domaine extraordinaire. Celui qui nous amène à la découverte de personnes au talent et au culot déroutant. Arthur Zang est un jeune informaticien camerounais de 28 ans. Il y a quelques années de cela, il a inventé le Cardiopad la première tablette tactile médicale africaine. Cet outil révolutionnaire va permettre aux médecins de pouvoir consulter les patients à distances. Dans un pays qui compte moins de 40 cardiologues pour 20 millions d’habitants, c’est une véritable avancée qui va permettre de sauver de nombreuses vies. Tout comme celle effectuée au Centre Pasteur du Cameroun.

Le 9 mars, cet institut a présenté les premiers résultats de ses 10 ans de recherche sur l’ulcère de Buruli. Cette infection chronique de la peau causée par une mycobactérie sévit principalement dans les zones tropicales. C’est une maladie négligée à l’origine de larges lésions sur la peau notamment sur les bars et les jambes. Ces plaies sont très difficiles à cicatriser et peuvent sérieusement handicaper le malade. La maladie est découverte au Cameroun en 1969 mais les causes exactes de sa transmission ne sont pas totalement connues. Malgré le temps qui passe les chercheurs n’ont pas abandonné leurs investigations. Un vrai soulagement pour les populations. Dans certaines régions du Cameroun comme le centre, les populations attribuent cette maladie aux sorciers et les victimes sont mises au ban de la société. Les chercheurs sont à leur manière des Zorro que nous ignorions. Grâce aux recherches effectuées par le Centre pasteur du Cameroun sous la coordination du Dr Sara Eyangoh avec le concours du l’institut Pasteur de Paris, de l’Ird, etc, on sait désormais que la moustiquaire permet de prévenir cette maladie handicapante.

 Pourquoi il faut investir dans la recherche

Au jour d’aujourd’hui, aucune nation ne peut prétendre développement si elle ne fait pas la promotion de la recherche. C’est un domaine absolument indispensable. Il est urgent que les pays africains reconnaissent la recherche comme un travail, un boulot en plein temps qui peut avoir un impact positif sur la croissance économique de nos pays. Les politiques doivent améliorer les conditions de travail des chercheurs en mettant à leur disposition des financements suffisant. Cela est d’autant plus urgent que deux tiers de la population mondial vit dans les pays-sous-développés. De plus, les recherches scientifiques et techniques effectuées en occident pour être utilisées dans nos pays ne sont pas très grandes comme l’explique le scientifique américain Eugène Stanley dans « La science au service du développement ». La recherche scientifique et technique contribue grandement au bien-être des populations surtout quand elle est par des personnes qui ont un sens poussé de leurs responsabilités.

Shameless

Une vue de l'Iric à Yaoundé. Crédit photo : 237online

Une vue de l’Iric à Yaoundé. Crédit photo : 237online

L’Institut des relations internationales du Cameroun fait partie de ces grandes écoles que tous les jeunes rêvant d’une belle et riche carrière dans la diplomatie internationale, veulent intégrer. Les étudiants de cette prestigieuse école auront la lourde charge de représenter le Cameroun à travers le monde entier. Raison pour laquelle, seuls les meilleurs élèves sont recrutés à l’Iric par voie de concours uniquement.

 

 Mais la réalité dépasse souvent de loin la fiction. La publication de trois listes (la seconde annulant à chaque fois la première) de résultats pour un seul concours est venue renforcer l’idée fortement répandue selon laquelle l’accès aux grandes écoles est un business. Une chasse gardée où seuls les enfants des personnalités et leurs proches ont droit à l’accès. Sinon que retenir de ce que les médias camerounais ont baptisé « l’affaire Iric ».

  Le 27 février les résultats du concours d’entrée au cycle master de l’Iric tombe. Les résultats présentant 15 noms sur la liste définitive et 9 dans la liste d’attente est affichée. Y figure, les noms des enfants de quelques personnalités et d’autres qui ne le sont pas.

Le lendemain 28 février, coup de théâtre ! La liste est enlevée et remplacée par une autre où le nom de la vice-major et de 5 autres étudiants n’apparaissent plus. Que s’est-il passé ?  Les parents et les lauréats du concours ne comprennent rien. La presse flaire l’odeur d’un scandale. Le quotidien Mutations parle tout simplement de tripatouillages et publie les deux listes querellées à la une. Mais le directeur de l’Iric réfute vigoureusement cette idée. Il faudra attendre la publication d’un reportage sur Rfi pour que l’affaire prenne une autre tournure. Peut-être la peur de voir l’image de notre beau pays une fois de plus ternie a-t-elle poussé les responsables de l’Iric à reconnaitre leurs fautes.

 Un scandale peut en cacher un autre

 Dans un communiqué, le ministre des Enseignements secondaire va reconnaitre le changement des listes et explique ce geste par le souci de respecter le principe de l’équilibre régional (arrêté et d’ajouter les noms des candidats de la région de l’Est, de l’Extrême-Nord et du Nord qui ni figurent pas sur la première ! En clair, six brillants étudiants ont failli voir leur destin brisé pas parce qu’ils n’étaient pas brillant mais parce qu’ils n’étaient pas les meilleurs de leurs régions d’origine. Heureusement pour eux, le Présidente de la République Paul Biya est venu réparer cette injustice.  Au final 22 étudiants soit les 15 de la 2ème liste et les 6 de la 1ère liste ont été admis (ne me demandez pas comment 15 + 6 = 22, les maths et moi, on n’a jamais fait un ). Pour les responsables de l’Iric dirigé par Emmanuel Tabi, tout est bien qui finit bien.  Sauf que ce n’est pas le cas. Ce n’est pas le premier scandale qui ternit l’image d’une grande école. En 2010, le président de l’assemblée nationale camerounaise, était accusé de caser ses enfants, ses brus et ses gendres à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam). Les médias avaient publié une liste de noms. Ce côté « Shameless » de certains de « nos papas » aux pouvoirs est tout simplement déséquilibrant.

Un équilibre déséquilibrant

 En ce qui concerne l’équilibre régional, ne faut-il revoir l’arrêté qui date du 4 octobre 1982?  Avec équilibre régional, un nombre de places est  attribué à chacune des 10 régions lors des examens nationaux ceci en fonction du poids démographique, du niveau d’instruction. A l’origine, l’équilibre régional devait reparer une injustice en donnant les mêmes chances aux jeunes issus des zones dites d’éducation prioritaire comme l’Est, le Nord. Mais ces dernières années, ce principe cause plus de tort qu’il n’en répare. Car pour réussir un concours national, il ne faut pas seulement être le meilleur mais le meilleur de sa région pour être retenu. Des brillants étudiants voient ainsi leur rêve voler à l’éclat alors même que leur réussite professionnelle aurait profité au Cameroun tout entier.  En ce temps de mondialisation, où les États doivent être compétitifs pour briller sur la scène internationale et où l’Afrique ne bénéficie plus de la même indulgence comme il y a 50 ans, il est suicidaire de sacrifier ainsi une jeunesse brillante et patriotique désireuse de travailler pour la mère patrie. La plupart des jeunes qui frappent à la porte des grandes écoles peuvent avoir leur chance si les capacités d’accueil sont revues à la hausse. Cette solution à mon humble  est envisageable si on tient compte du fait que la population a augmenté entrainant ainsi d’autres besoins.

Quand j’avais 5 ans , je m’ai tué

Credit photo : stop-aux-injustices.

Crédit photo : stop-aux-injustices.

Il paraît que c’est aujourd’hui la fête de la jeunesse camerounaise. Moi quand j’étais jeune, je m’ai tué. J’avais peut-être 5, 10, 15 ou 16 ans, je ne sais plus mais j’étais jeune et j’avais des rêves plein la tête. J’étais vaillant, travailleur, fort avec des muscles plus gros que ceux de Popeye. Je m’ai tué parce que Pa’a Paul, ses amis et tout ne voulaient pas de moi. J’étais jeune et j’étais désespéré.

J’étais agriculteur, tu sais. Piochez, creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place où la main ne passe et repasse.Je cultivais du manioc sur un sol plus capricieux qu’une femme avec des outils de l’âge de la pierre taillée. Puis j’ai eu un fils. Il n’a pas vu deux saisons de pluies. A force de bouffer du manioc du 1er au 31, il a fini par mourir. Papa à 18 ans orphelin de lui à 20 ans.

Quand j’étais jeune, j’étais belle. Ce n’est pas moi qui le disais, mais les hommes, les femmes et les autres jeunes du quartier. J’étais jeune et j’étais intelligente. Belle tête dans un corps bien fait qu’ils disaient. Moi je voulais juste faire des études aussi longues que le Nil pour que ma maman arrête de griller ses doigts chaque soir au bord de la route. Ceux qui devaient m’aider ne m’ont pas tenu la main. Ils m’ont dit : « T’es d’où, de quelle région, quelle tribu, ta mère c’est qui ? Ton père c’est qui ? » Alors je m’ai assise par terre et je m’ai tuée de désespoir.

 

Quand J’étais jeune, j’étais enfant soldat. Un jour des hommes sont arrivés dans mon village, ma ville. Ils avaient un Coran dans la main, un fusil dans la poche. Ils m’ont dit : « Tu seras des nôtres parce que « Allah n’est pas obligé d’être juste avec tout ce qu’il a créé ici-bas ». Le temps est passé et j’ai bien vu que ces gens qui criaient « Allah ! » matin, midi et soir ne le connaissaient pas, ne l’aimaient pas. La haine, le sang des innocents étaient devenus leur business. Ils rêvaient que de posséder le monde entier, ils rêvaient que de pouvoir. Alors je m’ai assis par terre et je m’ai tué.

Quand j’étais jeune, j’ai pris le bateau pour l’Eldorado. J’ai échoué quelque part. En Libye, en Tunisie, en Algérie, au Maroc, chez nos cousins qui nous aiment un peu, beaucoup, à la folie. J’ai erré des jours entiers dans le désert. J’étais comme Caïn, comme Robinson Crusoé, une ombre qui avait peur de son ombre. J’ai erré comme une âme en peine sur le sable fin. Le paysage de carte postale était devenu mon enfer. Toute une vie à recommencer avant même d’avoir commencé. J’ai erré, maudissant ce jour où j’avais cru ma vie ailleurs que sur ma terre. J’ai erré, rejeté par toutes ces Blanches qui en avaient assez de mon sexe ramolli par une vie de divagation. Mes rêves se sont noyés dans la mer et Lampedusa est mon cimetière.

Le 11 février est le jour de la fête de la jeunesse au Cameroun.

Le 12 février la journée internationale des enfants soldats.

Quand j’avais 5 ans, je m’ai tué est le titre du roman de Howard Buten qui m’a inspiré ce texte.

 Allah n’est pas obligé  est le titre d’un roman d’Ahmadou Kourama

Je refuse de te perdre

Kolofata est un petit village dans la région de l'Etrême-Nord dans le Mayo-Sava. C'est le village du vice-premier ministre Amadou Ali. La localité a été attaquée à plusieurs reprises par  Boko Haram. Crédit Photo :Camer.Be

Je refuse de te perdre
Je refuse de perdre le Nord
Mon bout de pays à l’histoire millénaire
Bec de canard
Morceaux choisis de mon Afrique en miniature
Terre aux mille merveilles, longtemps tu fus vénérée pour ton charme ensorcelant
Ton paysage de carte postale est fait d’immenses savanes herbeuses et boisées
Véritables galeries forestières à ciel ouvert !
Tes montagnes et crottes renferment tant de secrets seulement connus du sorcier aux crabes, l’habile chasseur de crabes.
Et ces cases intemporelles aux toits de chaume
Et tous ces Mayos, mon château d’eau
Et ces innombrables parcs, de la Bénoué, du Faro de Bouba ndjidda, de Waza où vivent protégées une multitude d’espèces animales
Elles courent les gazelles, les girafes,
Ils font trembler la terre les éléphants !
Je refuse de te perdre
Toi qu’on nomma
Nord, Extrême-Nord, Adamwa tu es un indivisible
Terre de religion et de tradition
Terre de tolérance
Depuis des siècles islam et christianisme cohabitent dans la paix des cœurs
Je refuse de te perdre
Je refuse de te perdre
Mon bec de canard que deviendrons-nous sans toi ?
Tu as connu tant de souffrances
Famine, maladies, inondations, mais toujours tu t’es relevée
Ça prendra le temps qu’il faudra, mais ensemble nous allons lutter, vaincre
Parce que sans toi, il n’y a plus d’Afrique en miniature !

 

Kolofata est un petit village camerounais de la région de l’Extrême-Nord  dans le Mayo-Sava. C’est aussi le village du vice-premier ministre Amadou Ali. La localité a été attaquée à plusieurs reprises par Boko Haram. Crédit photo :Camer.Be