J’ai rêvé de la cité de Cocody

Abidjan by night. Wikipédia

Abidjan by night. Wikipédia

 

 

J’ai rêvé de la cité de Cocody
J’ai rêvé de la Côte d’Ivoire
De « M’bidjan »

J’ai rêvé de la douceur de tes réverbères
Sur ma curiosité d’enfant du Cameroun
J’imaginais tes belles rues tracées comme pour m’accueillir
Peuplées de « woros woros », de « gbakas »
Le chaud accueil de ton peuple vêtu du pagne aux mille couleurs
J’imaginais tes ruelles sombres où pour seule lumière filtrait la voix rocailleuse d’Alpha Blondy
J’ai rêvé de la cité des Cocody,
Que de fois j’ai rêvé de toi Co, cocody rasta

Mes pieds harassés par la marche, mille fois ont foulé le doux sable de la plage de Sassandras
Que de fois j’ai emprunté « les gbakas » pour aller voir les fanicos à Yopougon
Ah ! Comme c’était beau le patchwork formé par tous ces habits !

J’ai marché, marché, marché au hasard de mes rêves
Yop city, Manhattan des tropiques, les Cocody, La rue Princesse
Abidjan, Yamoussokro, Bassam, San Pedro

Ivre de faim et de fatigue j’ai échoué dans un « Maquis »
Comme un poisson mort rejeté sur la grève par des vagues furieuses
Imitant l’accent d’une tribu de là-bas j’ai dit :
« Maman Diaby sert moi l’alloco ! »

On m’avait tant parlé de toi,
De la grandeur de tes présidents
De la beauté du pays de l’éléphant de la richesse de ton sol
On m’avait dit tout bas à l’oreille :
« Les tribus de ce peuple forment un arc-en-ciel »

Ô Pays de l’Eléphant !

Douala, un scandale écologique sur les berges du Wouri

Un père sauve sa fille de la noyade. Crédit Photo. Paul Mahel

Un père sauve sa fille de la noyade. Crédit Photo. Paul Mahel

Il a fallu les inondations spectaculaires du 20 juin dernier dans le département du Wouri pour que la situation écologique de la ville soit enfin prise en compte.  Douala sera débarrassée de toutes les habitations construites sur les drains et qui empêchent l’eau de circuler normalement.  Dans quelques années donc, Douala affichera sans doute un autre visage. En attendant, le poumon économique de l’Afrique central est un scandale écologique.

Douala la rebelle, Douala la frondeuse, Douala la mondaine. Tant de mythes entourent cette ville portuaire, chef-lieu de la région du littoral. Cette métropole, la plus peuplée du Cameroun avec une population estimée à 2 446 945 habitants en 2011 est aussi une ville chargée d’histoire. Impossible de parler du Cameroun sans citer ce bout de pays. Dès l’école primaire, les livres d’histoire apprennent aux petits Camerounais que les premiers navigateurs occidentaux (Hollandais, Portugais, Espagnols) entrèrent au Cameroun par la côte. Les Douala (ce vocable désigne les autochtones. On parle des cantons ou villages Bonapriso, Deido, Akwa, Bonabéri, etc.), sont donc les premiers habitants à être en contact avec les hommes aux pieds de poule (La saison de l’Ombre, Leonora Miano). Les rois Douala comme Douala Manga Bell furent les principaux interlocuteurs des colons. Douala fut d’ailleurs choisie par les Allemands comme la première capitale du pays. Certains textes indiquent que le plan actuel de la ville est en partie hérité de la colonisation.

A côté de ce glorieux passé, Douala fut sur le plan politique, le théâtre d’événements majeurs dans les années 1990.  « Les villes mortes » ou la crise politique qui l’ont secouée, y prend ses racines alors que le vent de la démocratise soufflait sur l’Afrique après la chute du  » mur de Berlin « .

Aujourd’hui, par son dynamisme, sa position géographique stratégique, la ville de Douala s’est imposée comme « le poumon économique de l’Afrique centrale ». Elle est la porte d’entrée de nombreux étrangers africains qui veulent s’établir au Cameroun.  C’est dans cette ville que le tissu industriel camerounais est le plus solidement implanté. La plupart des investisseurs camerounais et étrangers choisissent le littoral camerounais. De ce fait, elle attire de nombreux jeunes campagnards en quête de travail. Mais depuis plusieurs années, on assiste aussi à un exode « urbain » des jeunes qui partent de Yaoundé travailler à Douala. Conséquence, la population de la métropole croit chaque année. Il s’en suit une pression démographique qui met l’écosystème terrestre en danger. Les  populations en quête de logement se sont installées un peu partout au mépris des règles de l’urbanisation et du respect de l’environnement. Des habitations ont été construites sur des drains, dans les marécages.  Si bien que le retour des pluies est toujours vécu avec angoisse par les populations installées dans ces bidonvilles. A plusieurs reprises, des inondations ont été signalées dans les quartiers populaires de Douala sans pour autant que les autorités réagissent .

Il a fallu les inondations du 20 juin dernier pour que les autorités décident enfin de prendre ce problème écologique à bras le corps. Jamais la ville n’avait été confrontée à un désastre de cette ampleur. Les eaux sont montées à un niveau insoupçonné engloutissant tout sur leur passage (maisons, voitures, personnes).  Pour se déplacer à Maképé, Missoké, il fallait ramer dans un bateau ou une pirogue. Les images ont fait le tour du Cameroun laissant abasourdis ceux qui pensaient que « cela n’arrive qu’aux autres ».

Deux jours après le retour à la normale, les populations ont été sommées de quitter, en 48 h, les maisons qu’elles habitaient pour certains, depuis trente ans !  Mais l’occupation anarchique des drains, les inondations ne sont pas les seuls problèmes écologiques à menacer Douala. Depuis plusieurs années, on assiste à une destruction inquiétante de la mangrove (lien). Les produits de la mangrove sont surexploités par les populations pour des activités comme le fumage du poisson, la vente du bois de chauffe, etc.

Jusqu’à présent, rares sont les actions mises en place pour protéger cette richesse. Faudra-t-il qu’un nouveau scandale écologique éclate pour prendre des mesures salutaires ?

 

Le disque rayé des musiciens camerounais

 

Crédit photo : Camer.Be

Crédit photo : Camer.Be

Depuis de nombreuses années de violentes batailles sur la gestion des droits d’auteurs déchirent la famille de la musique camerounaise. face à une administration qui ne les offrent pas toujours d’alternatives, fragilisés par le piraterie, la percée des Ntic, les musiciens camerounais évoluent dans la précarité, clochardisés alors qu’ils possèdent un talent à revendre.

  Les artistes- musiciens camerounais pourront-ils décemment vivre du fruit de leurs talents ? La question mérite d’être posée en ce temps de célébration de la fête de musique à travers le monde. Le pouvoir de la musique n’est plus à démontrer. C’est un élément rassembleur. Il adoucit les mœurs, favorise le brassage culturel, la mixité sociale et générationnelle. Avec la musique, toutes les barrières, même linguistiques tombent d’elles-mêmes.

 Forte de ses 250 ethnies, le Cameroun peut se targuer d’être l’un des pays d’Afrique centrale avec la Rdc à avoir un grand nombre de stars mondialement reconnues comme le « baobab » Manu Dibango qu’on ne présente plus.  Quatre de ces rythmes ont été popularisés sur la scène internationale.

  • Le bikutsi, le rythme des peuples de la forêt (Les béti-fang bulu qu’on retrouve dans la région du Centre et du Sud Cameroun) amené par des ténors comme Sally Nyolo, les Têtes brûlées, Nkodo Sitony, Messi Martin, etc.
  • Le Makossa , le rythme des peuples de la côte ( les Douala sur le littoral Camerounais) avec Eboa Lottin, Ben Decca et sa sœur Grâce Decca, les blacks style, Ndedi Eyango, Tom Nyoms, Petit Pays, Penda Dallé, Jean-Pierre Essomé, etc.
  • Le ben skin, danse et chant des peuples du grass fields dans l’Ouest du Cameroun. Popularisé par André-Marie Talla, Marolle Tchamba, San Fan Thomas (inventeur du makassi), etc.
  • L’assiko danse et chant des peuples bassa dans le centre et le littoral camerounais avec Jean-Bikoko Aladin,

A côté de ces rythmes traditionnels, la musique urbaine est très dynamique avec des jeunes reconnus même aux Etats-Unis comme Charlotte Dipanda, les rappeurs Stanley Enow, Jovi, Krotal, X-Maleya les rois de l’Afro-pop au Cameroun, Daphné, Otu Bala Jah ambassadeurs du reggae, Sanzy Viany, etc.  Le Cameroun est donc un vivier de talents. Nombre de nos bassistes, comme André Manga qui travaille avec l’américain Paul Simon sont recherchés à travers le monde.

Dresser ainsi le tableau paraît idyllique. Que non !  Depuis plus de 10 ans de fausses notes sont régulièrement enregistrées. Au cœur des batailles rangées, le problème de gestion des droits d’auteurs. Trois sociétés de gestion des droits d’auteurs ont déjà été créées.  La première, la Cmc fut gérée par Sam Mbendé qui se retrouvera en conflit ouvert avec le Ministre des Arts et de la culture, Ama Tutu Muna. Malgré une décision de justice rendue à sa faveur, il ne sera jamais rétablit dans ses fonctions. Par la suite vers 2010, une autre maison de gestion la Soacam est mise sur pied. A la tête Odile Ngaska, talentueuse chanteuse de gospel et épouse d’une personnalité. Certains médias la présentaient alors comme « la protégée » d’Ama Tutu Muna. Mais son nom sera plus tard trainé dans la boue on l’accuse de de détournement de fonds, elle sera débarquée de la Soacam. Des élections sont organisées pour élire un nouveau Pca. Ndedi Eyango musicien installé aux Usa, présent sur la scène depuis plus de 25 ans dont les talents d’auto-compositeur, de faiseur de stars sont connus. Il se présente et remporte les élections. Mais coup de théâtre, quelques semaines seulement après son élection fort médiatisée, Ndedi Eyango est débarqué de la Soacam, ses anciens électeurs se sont subitement souvenu qu’il est naturalisé américain.

 Et depuis lors, c’est le flou total. Des comités sont créés pour des résultats pas toujours visibles. Ama Tutu Muna, le Minac que les médias camerounais ont surnommé « La rebelle de la République » aurait accordé contre l’avis de son patron, le premier Ministre Philemon Yang qui voulais voir clair dans ce conflit, un nouvel agrément pour la création d’une nouvelle maison de gestion des droits d’auteurs. Comme on le voit, la situation est confuse. On nage en plein cafouillage. Pendant que certains sèment la zizanie autours d’une gestion aux enjeux financiers importants, d’autres sont obligés d’avoir une double voire, une triple casquette pour vivre.  Beaucoup évolue dans la précarité et tirent le diable pour s’en sortir (l’expression est d’un artiste).

 Atango de Manadjama, chanteur populaire inventeur du « Zécké Zécké » confiait à un média local, travailler de temps à autres comme mascotte pour une association œuvrant dans le marketing social. Son rôle : animer et sensibiliser les foules sur la protection contre le paludisme, le Sida. Une activité qui lui donne juste le minimum pour prendre soin de sa famille.  La construction de sa maison est à l’arrêt depuis longtemps faute d’argent. A force d’ingéniosité, une catégorie d’artistes a réussi à se faire une place respectable dans le monde des affaires. Prince Afo Akom est aussi couturier, le chanteur de bikutsi Atebass est tailleur.

Mais, pour les artistes « purs et durs » qui ne vivent que pour et par la musique, les jours sans pain sont nombreux.  C’est avec une immense tristesse que je vois des chanteuses comme Annie Anzouer qui a écrit une des belles pages de notre musique recevoir une guitare de la part des autorités en charge de la culture alors qu’elle se bat toute seule après une brillante carrière à transmettre son savoir aux jeunes artistes.

 Il ne fait aucun doute que la solution au problème des droits d’auteurs au Cameroun n’est pas la création d’une nouvelle maison de gestion. La plupart des observateurs et même certains artistes le reconnaissent. Il est important en premier lieu que les artistes parlent d’une seule et même voix. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Dans les médias, on entends plus que parler de la bande à Roméo Dicka,  etc. Or s’il y a une chose dont les artistes musiciens ont vraiment besoin aujourd’hui, c’est l’entente et la solidarité. Parce qu’avec la percée des nouvelles technologies de l’information et de la communication rien n’est plus comme avant.  Les musiciens ont besoin de repenser leur fonctionnent pour être à l’avant-garde.  Ces qualités les permettront de s’organiser pour trouver comment faire face aux nouvelles exigences du monde de la communication d’aujourd’hui et pour revendiquer un statut, lutter contre le fléau qu’est la piraterie.

Protection de la nature, l’Afrique est-elle mal partie ?

 La corruption, le difficile accès des populations à l’information, le désintérêt des politiques et de certaines personnes qui voient à la lutte pour la protection de la nature un slogan creux sont des handicaps sévères pour une révolution verte sur le continent noir.

Crédit photo: Nicky Aina

Crédit photo: Nicky Aina

Dans le monde d’aujourd’hui, aucun combat, aucune lutte, aucune révolution ne peut être remporté sans une prise de conscience forte et une implication profonde des populations. Au Cameroun, on n’assiste pas encore à un mouvement écologique d’ampleur. Les actions de sensibilisation, l’urgence de protéger la terre sont pour la plupart selon mon observation, le fait de quelques associations et Ong. Certaines travaillent avec l’appui technique ou financier d’Institutions comme l’UE, le WWF mais leurs actions sur le terrain restent limitées faute de moyens. Conséquence, lorsqu’on sort de Yaoundé la capitale et de Douala la deuxième ville du pays, on se rend compte que l’information ne circule pas pleinement. Les populations manquent cruellement d’éléments sur les dangers qui menacent la terre, sur le rôle qu’elles peuvent jouer pour atténuer les effets du changement climatique.

 J’ai eu une conversation édifiante à ce sujet avec une cultivatrice possédant des champs de manioc et d’arachide à Mbamalyo à une cinquantaine kilomètres de Yaoundé. Depuis des lustre, cette femme et fille de cultivateur utilise la technique de culture sur brulis. Or, les environnementalistes sont unanimes pour dire que cette technique est à l’origine de la régression de la forêt. Il a fallu un fait divers pour que la cultivatrice qui ignorait tous ces corollaires, reconsidère sa manière de travailler. « Des jeunes avaient été commissionnés pour faire un feu de brousse dans un champs. Mais ils ont mal exécuté la consigne et le feu s’est propagé partout, brulant tout sur son passage, les plantes médicinales comme les arbres. Les dégâts étaient énormes. Mes enfants m’ont demandés s’il n’y avait pas pour nous, une autre façon de travailler. C’est comme ça que la famille s’est lancée dans des recherches pour découvrir que l’agriculture sur brûlis n’est pas une bonne technique de culture ».  La quête de l’information a donc « sauvé » cette famille qui se retrouve sans l’avoir véritablement voulue acteur d’un combat âpre et long. Cependant, il y a une catégorie de paysans qui ne peut aller à la recherche de l’information. Souvent illettrés, vivant dans des zones très enclavées ceux-là ont besoin que l’information aille vers eux.

Science sans conscience

En 2014, le gouvernement camerounais interdit « sur l’étendue du territoire national, la fabrication, la détention, la commercialisation ou la distribution à titre gratuit les emballages plastique non-biodégradables à basse densité, ainsi que les granulés servant à leur fabrication ». Sur le papier, les consignes du ministre de l’Environnement sont claires mais sur le terrain l’application de cette interdiction se heurte à plusieurs difficultés. Pas ou peu préparé à investir dans la fabrication assez couteuse des plastiques biodégradables, les entreprises de plasturgies mettront un temps avant de pouvoir ravitailler le marché national. Mal informés, incapable de faire la différence entre un plastique « bio » et les autres, certaines personnes vont se faire rouler par des commerçants véreux. Conséquences immédiates : un an après l’entrée en vigueur de cette interdiction non seulement les plastiques non-biodégradables n’ont pas disparu mais en plus les clients doivent maintenant payer l’emballage dans les boutiques, les supermarchés et autres lieux de commerces. « Un fiasco » qui aurait pu être évité ou tout au moins atténué si une campagne de sensibilisation forte avait été au préalable menée pour expliquer aux populations, les bien-fondés d’une action louable et amplement justifiée.

Corruption

 Le combat pour la protection de la nature se heurte aussi à problème tout aussi crucial. Il s’agit notamment du déficit de moyens humains et financiers. Certains parcs et aires protégées du Cameroun souffrent d’un manque  d’éco-gardes. Et lorsque il y en a, ceux-ci travaillent dans des conditions précaires sans matériels. Une situation qui accentue leur vulnérabilité d’autant plus que les braconniers sont de mieux en mieux organisés et opèrent avec un matériel ultrasophistiqué. Ils n’hésitent plus à tuer. Des éco-gardes ont helàs trouvé la mort dans l’exercice de leurs fonctions. Souvenez-vous du massacre d’éléphants perpétrés en fin 2011 dans le parc de Bouba-Djida dans la région du Nord où plus de 200 éléphants ont été massacrés par des braconniers venus du Soudan.

 La corruption est un poison. Une véritable gangrène qui touche hélas, dans mon cher et beau pays, tous les secteurs de la vie. La lutte contre le braconnage n’échappe pas à cette triste réalité. Comme je l’ai soulignée plus haut le braconnage est une activité criminelle bien organisée. Les braconniers bénéficient souvent de soutien dans les milieux les plus insoupçonnés. Récemment à Mouloundou dans la région de l’Est, un de ces hors-la-loi a été arrêté par la police sous l’action des agents du ministère des Forêts et de la faune(Minfof) en possession de 104 pointes d’ivoire, une arme de guerre et 1000 munitions. Curieusement, moins de 48h après s arrestation publique, le braconnier a été aperçu dans la ville faisant tranquillement des emplettes, rapporte le quotidien Le Jour. Les policiers ont indiqué à la presse l’avoir libéré « sur ordre du sous-préfet » de la localité. Les pointes et les armes saisies auraient aussi disparu sans laisser des traces. Ce fait-divers n’est malheureusement pas un cas isolé. Les associations de lutte pour la protection de la nature dénoncent très souvent les complicités de certaines autorités dans ce trafic. Contre des espèces sonnantes et trébuchantes, la vie des générations futures est ainsi sacrifiée !

 Politiquement vert

Pour certains observateurs, les balbutiements de la lutte pour la préservation de notre écosystème terrestre est la résultante du désintérêt des politiques pour la cause environnementale. « On préfère construire des routes qu’investir un peu dans la préservation de l’environnement. Mais cela fait plus de 50 ans que nous nous battons pour des problèmes élémentaires comme la santé, l’éducation. Il est bon de penser aussi à relever des défis comme la préservation de l’environnement », me demandait l’autre jour une amie verte de colère et d’engagement. Au Cameroun, selon nos informations, il existe un seul parti politique des verts, le Mouvement des écologistes camerounais. J’ignore quand ce parti a été créé mais il a participé à la dernière élection présidentielle en 2011 et depuis plus rien. Toute les informations disponibles sur le net datent de 2011 et parlent uniquement du scrutin présidentiel 2011.  Difficile donc de savoir quelles sont les cations des Mec en faveur de la nature. Et pourtant les politiciens ont un rôle fondamental à jouer dans ce combat planétaire. Le Cameroun comme la plupart des pays africains vit de ses ressources naturelles. Nous exportons le bois, le pétrole, le fer, etc. Qu’adviendra-t-il de nous et des générations à venir quand tous ces biens de la nature seront épuisés

 

 

Terrorisme, le mal du siècle

Abubakar Shekau. Wikimédia CC.

Aboubakar Shekau. Wikimédia CC.

Les terribles évènements de Garissa sont encore frais dans nos mémoires. Pendant les jours qui ont suivi cet attentat, l’un des plus sanglants perpétrés par les terroristes du shebab, chacun est allé de sa colère, de sa douleur, de sa plume, de son post pour témoigner son soutien au peuple kényan durement éprouvé par la perte de ces jeunes étudiants.

L’indignation était telle que j’ai failli prendre ma plume comme la plupart des blogueurs et de mondoblogueurs pour dire mon incompréhension. Mais je ne l’ai pas fait parce que même à l’heure d’Internet et de l’effet buzz, il est parfois judicieux de prendre du recul sur ses émotions et proposer une autre lecture des faits. Contrairement à ce que beaucoup ont pensé, le débat n’était pas d’être ou ne pas être Kényan comme le monde a été Charlie en février dernier.

En fait, les tristes événements de Garissa sont venus (si je peux dire ainsi), confirmer une vérité implacable : le terrorisme est parmi et partout avec nous ! Telle une épidémie, ce mal du siècle s’est répandu à la vitesse de l’éclair. Aucune nation, aucun pays, aucun continent ne sont désormais épargnés. Et l’Afrique avec ces multiples conflits semble devenir la terre promise des ces multinationales du crime.

Le 11 septembre 2001
Je me souviens très bien des attentats du 11-Septembre. Je n’étais pas allée à l’école ce jour-là. Une vilaine rage de dents m’avait clouée à la maison. Je regardais les images en pensant dans ma naïveté de gosse que cela ne pouvait se produire dans mon pays.

J’étais alors à mille lieues de m’imaginer qu’un jour les terroristes viendraient jusqu’aux portes de mon ‘rios dos camaroes » de mon Cameroun natal, enlever des jeunes filles pour en faire des esclaves sexuelles, égorger sans aucune pitié des vieillards au seuil de la mort, kidnapper des garçonnets pour en faire des enfants kamikazes.

Non ! Le problème n’est pas d’être ou ne pas être Kényan. Le problème est de savoir qu’elle est notre réaction face au terrorisme, cette organisation internationale du crime. Je crois que nous commettons une grosse erreur en donnant une connotation religieuse aux exactions commises par les organisations terroristes.

La religion n’est qu’un prétexte, un alibi utilisé pour se donner une certaine légitimité et  attirer la sympathie de pauvres êtres et surtout recruter des hommes pour leurs armées. Que ce soit en Libye,  Irak,  Syrie, Mali, Nigeria, dans tous ces pays où le terrorisme a pris corps avant de se propager dans le monde, ce sont les populations qui payent le prix fort .

Parce que comme le dit un proverbe chinois « peu importe que le chat soit blanc au noir, l’essentiel, c’est qu’il attrape la souris ». Plus prosaïquement, peu importe que la victime soit chrétienne ou musulmane, l’essentiel pour le terroriste c’est de faire couler le sang et régner la terreur.

C’est quoi un terroriste ?
Le terroriste est un individu sans aucune foi ni loi. Un homme assoiffé du pouvoir, un personnage à l’esprit si tordu que même les psychologues les plus réputés se perdent en théorie. Le terroriste n’a jamais tort. Tous les crimes commis, il les justifie en faisant croire au monde entier que ce qui arrive est notre faute, que nous payons pour l’arrogance ou les errements de nos hommes politiques.

Ce sont des fins connaisseurs de la nature humaine et de grands manipulateurs. Les terroristes et autres rebelles qui pullulent dans les régions comme la RDC n’attachent aucun prix à la vie humaine.  Aboubacar Shekau de Boko Haram résume lui-même assez bien cela : « Vous savez que notre amour pour la mort est plus fort que votre amour de la vie  ».

Le terrorisme est un fléau aux conséquences si lourdes. Je n’ose pas imaginer la souffrance des 200 jeunes filles enlevées par Boko Haram, il y a bientôt un an et que l’opinion semble presque avoir oubliées.

Comme l’a dit Michaelle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) lors de sa visite du 14 au 16 avril au Cameroun, le terrorisme est une menace globale qui cherche « son nid dans toutes les brèches de notre société ». Nous nous devons d’être solidaires. « Parce que l’homme qui crie n’est pas un ours qui danse ».

Le bonheur n’ est pas dans la bière

Jeune homme "terrassé" par la bière. Crédit photo : Investir au Cameroun

Jeune homme « terrassé » par la bière. Crédit photo : Investir au Cameroun

Le Cameroun est l’un des pays africains où le taux de consommation de la bière est le plus élevé. En 2012 ce taux était de 4, 9 %. Tout le monde aime la bière. Au point où, les disciples de Bacchus ne se recrutent plus seulement auprès d’adultes hommes. Boire de l’alcool jusqu’à l’ivresse est devenu malheureusement, un art de vivre.

En décembre 2014, le gouvernement a décidé d’augmenter le prix des boissons alcoolisées particulièrement celui de la bière. La loi des finances 2015 a en effet modifié le mode de calcul des impôts sur les boissons fortes. Conséquence de cette nouvelle mesure, le prix de la bière passera de 500 F Cfa à 700 F Cfa


« Même si c’est 1000 F Cfa on va toujours boire »

En dehors des sociétés brassicoles qui s’inquiètent de l’accroissement des dépenses liées à cette mesure ou des ménagères qui y voient un moyen pour réduire la consommation de leur époux; la nouvelle n’a pas suscité le tsunami auquel on se serait attendu dans un contexte de vie chère. Dans les quartiers, les consommateurs semblent pour la plupart résignés.

En réalité la relation qui unit un grand nombre de Camerounais à la bière est si forte que rien ne semble pouvoir les séparer. Et dans ce mariage chaotique, on préfère supporter jusqu’à l’insupportable au lieu d’affronter la réalité. Des quartiers de Yaoundé sont devenus célébres pour le nombre de bars et snacks qui s’y trouvent. Les médias parlent de 6 000 bars dans la ville de Yaoundé ! Un business qui rapporte gros.

Les femmes aussi lèvent le coude

Au pays, tout le monde (ou presque boit). Même les femmes n’échappent plus à cet appel du vin. Elles sont de plus en plus nombreuses parmi les disciples de Bacchus. Souvent les samedis et dimanches après les tontines, Il n’est pas rare de les voir attablées dans les bars pour prendre « une séparante ». Celles qui ne supportent pas l’alcool fort se contentent généralement de bière dite « light », une seule règle prévaut « ne surtout pas prendre des jus, mais boire jusqu’à l’ivresse. Comme on le dit trivialement dans les quartiers : « Les femmes ne blaguent plus avec la bière ici ! ».

Effet de mode

Pour expliquer cette addiction aux conséquences dramatiques, certains chercheurs parlent de contexte social. Le coût de la vie est de plus en plus élevé. Les populations tirent le diable par la queue parce que les salaires n’ont pas changé depuis des lustres. Les jeunes sont confrontés au chômage. Pour oublier ces conditions de vie misérables, ils sont nombreux à noyer leurs soucis dans la bouteille. L’alcool tout comme le football est devenu un moyen dont ce sert les politiciens pour endormir le peuple.

A côté de ces arguments irréfutables, je constate que boire est devenu au fil du temps, une attitude, une habitude, un mode de vie tout simplement. Aucun événement ne se déroule plus sans le précieux liquide. Que de fois, j’ai entendu des réflexions du genre : « Un homme doit boire. Pas un peu, mais beaucoup » ou encore « Aka ! Quitte là avec tes biberons. Nous ne sommes pas des enfants pour prendre des jus ! ». Les week-ends, il est courant que des sportifs organisent des activités : footing, partie de foot pour garder la forme ou perdre du poids. Celles-ci s’achèvent souvent par la dégustation d’un bon bouillon de viande ou de poisson, le tout arrosé de bière.

La tragédie du verre

Un matin de 2014, devant la boutique de mon quartier, j’ai vu des adolescents en train de boire du Whisky. Il était 7 heures du matin. Etonnée, je n’ai pu m’empêcher de leur dire :  « Les amis, il est 7 heures du matin et vous êtes déjà là à avaler des sachets de kitokos ! ». Loin de les ébranler, ma remarque a eu le don de les amuser. Le trio a éclaté d’un rire sonore qui m’a fait croire un instant que je venais de sortir la blague la plus drôle de cette année, puis l’un d’eux m’a lancé : « Ma sœur est-ce que l’alcool c’est le café ou le thé ? Dès que tu as soif, tu bois, tout simplement »

Le geste qui sauve

Quelles que soient les raisons qui poussent certains d’entre nous à boire plus que de raison. Je reste convaincue que le bonheur ne se trouve pas sous une capsule. L’alcool cause plus de dommages qu’il n’en résout. Il est à l’origine de bien de drames familiaux et professionnels. Je me souviens d’un oncle que mes sœurs et moi redoutions lorsque nous étions enfants. Une fois qu’il avait bu, ce personnage sévère devenait d’une docilité extraordinaire. On profitait de ces moments pour nous venger de sa sévérité. J’ai su plus tard que l’alcool n’a pas les mêmes effets sur tout le monde. L’alcool peut transformer l’être le plus adorable en monstre suprême.