Et si l’Afrique refusait le développement ?

Credit photo:Africanews.com

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Les derniers événements qui ont secoué le Burkina Faso montrent comment la paix est fragile en Afrique. Alors que le pays des hommes intègres s’apprêtait à donner au monde entier une belle leçon de démocratie, surprise : c’est la tentative de coup d’Etat du général Diendéré. Quelque 1 300 militaires du régiment de sécurité présidentielle (RSP) conduits par le général Diendéré qu’ils ont choisi comme figure de proue veulent s’emparer du pouvoir à Ouagadougou. Le président de la transition, le premier ministre sont faits prisonniers.
L’absurdité d’une telle action n’échappe à personne. On n’a pas besoin d’avoir fait sciences politiques pour comprendre que le coup de force « vintage » de la RSP était tout sauf l’émanation d’une volonté populaire. L’évolution de la crise burkinabè et les aveux du général Diendéré qui a reconnu la mort dans l’âme, avoir « eu tort » donnent raison à tous ceux qui ne voyaient pas cette situation folklorique prospérer.

La démocratie est le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple, dans sa définition la plus simple. Dans un pays démocratique donc, c’est le peuple qui choisit ses dirigeants. Le président est élu au suffrage universel pour servir les intérêts de la nation. Hélas, la réalité africaine est tout autre. Dès les années 60, après d’âpres luttes pour conquérir son indépendance, l’Afrique a basculé dans une spirale où les coups d’Etat étaient un mode opératoire. Le Burkina Faso, le Nigeria, la Centrafrique, le Tchad, le Ghana, ont eu des présidents arrivés à la tête du pays par la force des armes. L’histoire de notre continent, qui ne s’appelle pas A-FRIC pour rien est aussi pleine d’histoires de gouvernements démocratiquement élus qui se sont transformés en régime totalitaire ou en monarchie par la suite. Ce triste constat pourrait conduire à se demander dans un langage terre à terre si les Africains sont fâchés avec la démocratie ?

Coup d’Etat constitutionnel

Je crois que l’une des principales entraves à l’alternance à la tête des Etats africains est due au fait que la réussite sociale est tellement liée au pouvoir que tout le monde se bat pour être dans ce d’aucuns ont finit par appeler « la mangeoire ». La plupart des gouvernements fonctionnent comme des cercles et tous ceux qui sont étrangers à ces cercles ne peuvent jouir des privilèges auxquels ils ont pourtant normalement droit en tant que citoyens de leur pays.
Même les hommes d’affaires ont fini par se convaincre qu’il est difficile d’exister hors du cercle au pouvoir. Résultat : c’est la ruée vers les postes de sénateurs, députés, maires…
Et pourtant je ne connais pas de peuple aussi épris de liberté, de démocratie que le peuple africain. Alors qu’avec le régime totalitaire, la monarchie on se bat pour durer, on met son intelligence au service des coups les plus farfelus pendant que le peuple qui vous a élus agonise et crie famine.
Les Africains sont des gens épris de liberté et attachés à la paix. Nous avons très vite pris conscience que l’alternance au pouvoir est le moyen pour sortir du sous-développement dans lequel nous vivons depuis les indépendances. Hélas ! De nombreux politiques africains ne sont que des politiciens qui font la politique contre les hommes et non pour préparer un meilleur avenir aux hommes.

2 réflexions au sujet de « Et si l’Afrique refusait le développement ? »

  1. je crois qu’en plus d’être une mangeoir, les cercles du pouvoir sont aussi un abreuvoir.
    pour pouvoir y boire, il faut en être.
    pour decrocher certains marchés…
    pour signer certains contrats..
    pour certaines bourses..
    pour certains visas…
    pour plusieurs postes….
    Helas, ce n’est pas demain la veille du changement

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