Quelle est cette tache de sang sur ce ballon de foot ?

Depuis plusieurs années, la violence connaît une escalade vertigineuse dans le monde du football tant professionnel qu’amateur. Chaque jour au Brésil, en Italie, en Algérie, en France, des joueurs comme Albert Ebossé sont assassinés, des arbitres battus, des projectiles lancés, des stades envahis par des illuminés qui ont oublié que le football n’est en fin de compte qu’un jeu.

Albert Ebossé, un élan brisé sur un terrain de jeu. Credit photo, Atlasinfo.fr

Albert Ebossé, un élan brisé sur un terrain de jeu. Crédit photo, Atlasinfo.fr

Ainsi donc Albert Dominique Ebossé Bondjongo Dika valeureux attaquant de la JSK en Algérie a été assassiné ? Victime « d’un meurtre avec préméditation d’une violence bestiale commise pas par une seule personne, certainement par un groupe ». La conclusion d’un rapport d’autopsie réalisé par des experts camerounais et demandé par la famille du défunt footballeur vient ainsi de faire éclater la vérité au grand jour. Et pourtant, les responsables de cette équipe avaient indiqué que le footballeur avait été atteint pas le jey=t d’un projectile. Plus tard, les médecins algériens commis pour réaliser l’autopsie du footballeur ont conclu à une mort provoquée par « un objet contondant » sans plus de détails.
Mais tout cela, si on s’en tient à la contre-autopsie réalisée au Cameroun, n’était qu’une tentative de camoufler une vérité implacable. Albert Ebossé est mort, froidement assassiné par des personnages sordides alors qu’il venait de marquer l’unique but de son équipe.

Pablo Escobar

Qui sont ces assassins ? Pourquoi les responsables de la JSK au lieu de chercher à faire toute la lumière sur cette affaire ont plutôt laissé la famille du défunt seule avec son chagrin et ses mille questions sans réponses ? Qui était Ebossé pour mériter un sort pareil ?
Ebossé, c’était le fils, le pilier, le rempart d’une famille, le fiancé d’une belle demoiselle devenue veuve avant l’heure. C’était surtout un gars sans histoire de l’avis même des dirigeants de la JSK C’était surtout un sportif viscéralement attaché au sport roi parti de son Douala natal pour conquérir les cimes de la jeunesse Kabylie avec un seul objectif en tête : montrer toute l’étendue de son savoir et taper dans l’œil des responsables de l’équipe nationale. Une ascension brisée nette sur un terrain de .. .jeu.

Eh oui ! Le foot était un jeu collectif régit par des règles bien définies. Un jeu, une école de la non-violence où les valeurs de partage, d’amitié, de fairplays étaient auparavant les mieux appréciées. Je me souviens, il y pas si longtemps de cela, chaque échéance de foot, Coupe d’Afrique des Nations, Coupe du monde, Jeux olympiques étaient l’occasion de retrouvailles entre voisins. Il y avait toujours quelqu’un pour offrir à boire et nous les enfants en profitions pour nous gaver de ces sucreries habituellement rares sur nos tables.

Tout le monde est concerné

Aujourd’hui la violence est si ordinaire qu’elle semble être la règle du jeu. Cette violence est d’abord verbale. De quels noms d’oiseaux n’a-t-on pas traité Webo à cause d’un but raté ? Dans certains coins du monde, malheurs à l’arbitre, au joueur coupable d’une faute quelconque ! A croire que le foot rend intolérant et surtout cinglé !
J’entends déjà certains évoquer l’argent perdu par les clubs et autres personnes à cause d’un joueur maladroit. Mais pour moi, ces arguments n’ont pas de poids. L’argent ne doit nullement régenter le foot au point de nous pousser à ôter la vie à notre semblable.

Il est urgent que des actes soient posés pour arrêter ce flot de sang. Dans les zones à risque, les ministres de l’Intérieur doivent renforcer les mesures sécuritaires en qualité et en nombre, les clubs doivent aussi filtrer leurs supporters de façon à éloigner tous les hooligans, et autres éléments perturbateurs. Mais la meilleure façon d’y remédier reste une prise de conscience commune. La violence quel que soit le lieu où elle se manifeste doit être impérativement stoppée. Tout le monde est concerné, la Fifa, les clubs, la justice, les supporters. Chacun doit prendre ses responsabilités et se remettre en cause. Sinon Albert Ebossé, Pablo Escobar et tous les autres seraient morts pour rien.