Cameroun : les militaires font la pluie et les coups de poing

Pendant que Boko Haram sème la terreur dans le Nord du pays, les militaires tabassent et terrorisent les pauvres populations qu’ils ont pourtant le devoir de protéger. Même les policiers en prennent pour leur grade.

Ce n’est pas un fait nouveau. La brutalité de nos forces de l’ordre à l’endroit du simple lambda a souvent fait l’objet de billets d’humeur. Comment en effet rester indifférente face à un phénomène qui prend de l’ampleur ? Le fait divers qui me fait sortir de ma réserve est rapporté par le quotidien camerounais Le Jour et s’est déroulé à Douala au quartier Ndogbong. Cette zone est connue pour l’embouteillage qui y règne particulièrement aux heures d’affluence.

Ce jour-là une policière essayait de réguler la circulation, lorsqu’elle a été défiée par un automobiliste visiblement allergique à la moindre injonction. Le militaire vert de colère, ne s’est pas gêné pour sortir de son véhicule, gifler la pauvre dame à toute volée, arracher ses galons et son téléphone portable, cravater un commissaire descendu sur les lieux s’enquérir de la situation. Il faudra une circulation bloquée pendant deux heures, la descente du sous-préfet de la zone pour que le forcené daigne enfin se présenter et s’expliquer. Et ô surprise ! Les policiers de Ndogbong n’avaient pas à faire à n’importe qui. Mais à un colonel, capitaine de vaisseau et haut-responsable au ministère de la Défense !

Des scènes comme celle-là, je pourrais en raconter des tonnes. Je pense encore à cette famille, le père, la mère, les deux enfants et la nièce tués en début d’année dans un accident de la route parce que des hommes en tenues s’étaient lancés dans un dépassement hasardeux. La famille revenait d’un séjour dans la cité balnéaire de Limbé lorsque ce décès brutal est intervenu mettant ainsi fin à des rêves, à une vie familiale sans histoire.

Comment des gens formés pour prévenir les troubles à l’ordre public peuvent être les premiers à semer le chaos et la désolation ? Comment un haut-gradé de l’armée peut-il se comporter avec autant de mépris pour les autres ? Pour une bière bien glacée, une bousculade dans la foule, une place njoh (gratuite) dans le taxi ou le bus, une inscription pour l’enfant dans un lycée, une belle au derrière renversant, ils sont prêts à sortir le poing et de plus en plus l’arme.

Trop de visages défigurés, des larmes versées, des familles endeuillées !

il est temps que cela cesse !

La rue n’est pourtant pas une une arène pour gladiateurs en mal de combats et mon visage n’est pas un tam-tam !

6 commentaires

  1. Les soldats camerounais se savent au dessus de la loi. Et ils en profitent. Comme tu m’as dit, c’est aux frontières qu’on a besoin d’eux…

  2. Bonsoir Will, certains militaires agissent ainsi sans doute parce que des sanctions (fortes) sont rarement prises. Même quand ces actes sont dénoncés. Le Mindef doit réagir et vite !

    1. Peut être. Mais je ne crois pas. Au Cameroun, l’impunité règne en maître. Tu parles de sanction forte? Cite moi la sanction, même faible, qui a été appliquée à l’un d’eux. Pourtant l’armée se caractérise par sa rigueur et sa discipline. Ici chez nous, quand quelqu’un a le ventre plein, il s’en fout de tout le reste. Voilà pourquoi le Mindef n’agit jamais.

  3. les votre en tout cas, ont encore de l’énergie lol
    les nôtres préfèrent ne pas réagir en toute circonstance autre que pour des raison politiques hein.
    Il y a deux semaines un braquage sur le parking de l’aéroport international de Lomé s’est déroulé a leur nez et barbe, ils n’ont pas fait grand chose, les braqueurs sont partis avec presque 3 milliards de nos francs!

    1. C »est vraiment regrettable. Sans généraliser, on peut dire que ces forces de l’ordre manquent de motivation.Pourtant s’ils avaient réagi à ce braquage, on les auraient traité en héros. A Douala, le gouverneur vient heureusement de frapper le poing sur la table.Les brebis galeuses seront sanctionnées.

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